Kurdistan et duel de moustachus

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Kirkouk, ville pétrolière d’Irak reprise sans combat par les forces irakienne : le rêve brisé d’un Kurdistan indépendant !!! En quelques jours, le Kurdistan irakien a perdu une partie de son territoire et les champs pétroliers qui lui permettaient l’autonomie économique. BHL s’étrangle dans le Journal du Dimanche. Grandiloquent, il dénonce l’abandon lâche par l’Occident des kurdes « L’occident a trahi le peuple kurde, les États-Unis, qui se sont servi des peshmergas, une fois Daech battu, ont laissé tomber le peuple kurde : une histoire d’une tristesse infinie ». Suit un éloge sans nuance du président Kurde Barzani.

Un détail m’intrigue dans cette histoire. La reprise de Kirkouk s’est faite sans combat. Les redoutables peshmergas kurdes ont abandonné leurs positions sans combattre. On les décrivait pourtant comme les combattants les plus aguerris de la région. Dans l’Art de la Guerre, SunZu considère la victoire sans combat comme le chef d’œuvre absolu du stratège. Ici, le stratège était iranien avec, à la manœuvre, un des ses principaux généraux.

Il a joué habilement sur la mortelle rivalité entre les deux clans kurdes, l’UPK de la famille Talabani et le PDK de la famille Barzani. Les deux familles s’affrontent depuis des décennies. Le héro Barzani n’avait d’ailleurs pas hésité à s’allier à Saddam Hussein pour tenter d’éliminer Talabani. On décrit d’ailleurs son gouvernement du Kurdistan comme largement clientéliste et corrompu. Les iraniens ont donc tout simplement acheté les combattants de l’UPK. À une probable défaite militaire, le clan Talabani a préféré espèces sonnantes et trébuchantes, tout en jouant un mauvais tour au clan Barzani.

Les irakiens ont également jugé que le soutien des pays occidentaux à leurs précieux alliés Kurdes contre Daech serait faible et qu’ils pouvaient agir sans risque du feu de l’Amérique de Trump. Ils ont eu raison.

Il y a deux morales à cette histoire. Il n’y a pas les méchants d’un côté et les gentils de l’autre. Tant que l’Occident raisonnera ainsi dans ces conflits, nous ne ferons que semer le désordre et la guerre. Et puis malheureusement, la raison du plus fort est toujours la meilleure…

Mise à jour du 10 mars 2018 :

Au Kurdistan irakien, Massoud Barzani a été remplacé à la tête de l’état par son neveu Netchirvan Barzani. Les nuages s’amoncellent. On évoque désormais une possible offensive commune Irako-Turque contre le Kurdistan. Au delà des conflits de clans locaux, BHL avait peut-être raison de craindre le pire.

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