New York, la ville qui voulait devenir verte (part 1)

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New York, je n’y étais pas retourné depuis 20 ans. Balade dans Central Park pour commencer le séjour. Les runners bodybuildés arpentent toujours le parc exhibant leurs torses nus. Un peu plus loin, des blacks charismatiques jouent avec le public dans un spectacle de hip-hop. Je me dis qu’en 20 ans rien n’a changé. Ah si, il y a maintenant autant de runneuses que de runners. Le lendemain à Brooklyn, visite du nouveau quartier de Dumbo. La préoccupation écologique s’y affiche clairement. Voilà qui est nouveau dans la Big Apple. De la High Line à la tendance locavore, je vais alors découvrir comment New York a l’intention de devenir verte et de réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre. 

La prise de conscience écologique après l’ouragan Sandy qui frappe New York en 2012

Octobre 2012, l’ouragan Sandy frappe New York. Il est exceptionnellement violent. Les inondations submergent métro et tunnel. De nombreux bâtiments sont touchés, le réseau téléphonique endommagé… Au final, 50 morts et des dégâts matériels estimés à 30 milliards de dollars. Même si le lien entre l’augmentation de l’activité cyclonique et le réchauffement climatique n’est pas avéré, ce cyclone agit comme un électrochoc écologique auprès de la population new-yorkaise.

La ville prend alors conscience de sa vulnérabilité aux dérèglements climatiques du fait de sa géographie. En 2007, le maire de la ville Michael Bloomberg avait lancé son plan écologique pour 2030 le « PlaNYC ». Son objectif ambitieux était de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30%. Après Sandy, le nouveau maire de New York Bill de Blasio s’appuie sur un fort soutien de la population pour la mise en œuvre effective de ce plan désormais baptisé OneNYC.

New York verte : la High Line
La High Line

New York ville verte : développement des parcs, d’espaces verts et plantation massive d’arbres

Pour New York, devenir une ville verte s’entend déjà au sens littéral du terme. L’un des points du PlaNYC de 2007 était le « one million trees program » prévoyant la plantation sur 10 ans d’1 million d’arbres. Objectif atteint dès 2014 avec le soutien de la population mobilisée par des dizaines de « street planting events ». 

Une des réalisations majeures en la matière est la promenade de la High Line. Inspirée par la coulée verte de Paris, la ville de New York a transformé en promenade verte sur 2.3km les anciennes voies ferrées aériennes désaffectées du Lower West Side. Les 3 tronçons sont inaugurés successivement en 2009, 2011 et 2015. Et le succès populaire est immense. Avec près de 5 millions de promeneurs chaque année, la High Line est devenue un des lieux incontournables de New York. Tout le quartier s’en est trouvé revalorisé. J’y ai passé un très agréable moment de balade.

Des fermes urbaines bio et des New Yorkais locavores

Mais à New York, on ne se contente pas de planter des arbres. Les fermes urbaines s’y multiplient notamment sur les toits de Brooklyn et du Queens. Sur 30.000m2, Brooklyn Grange cultive en agriculture bio une quarantaine de variétés de tomates, laitues, poivrons, choux, blettes, fines herbes, haricots, radis et carottes… Avec le talent des Américains, les fermes de Brooklyn Grange sont de véritables lieux de vie avec leurs marchés, mais aussi des ateliers pédagogiques pour enfants, des cours de yoga. On peut même y organiser son mariage!

Cela répond à une tendance forte chez les New Yorkais, consommer local, être locavore. Les farmers market comme le Union Square Greenmarket ont fait leur apparition dans les quartiers et connaissent un vif succès. Dans le très à la mode Chelsea Market (racheté en 2018 par Alphabet la maison mère de Google pour plus de 2 milliards de dollars), je me suis arrêté chez le boucher Dicksonfarmstand. Son principal argument de vente était la provenance de ses produits avec l’indication du lieu de production et sa distance par rapport à New York.

NYC Chelsea market boucher locavore
Boucher Chelsea Market tendance locavore

De la tendance végétarienne au marketing des nuts

D’ailleurs si New York reste un haut lieu du burger, les assiettes des New Yorkais sont de plus en plus végétariennes. En janvier, je vous parlais de l’étude EAT/Lancet sur le régime alimentaire de demain permettant de nourrir toute l’humanité en 2050 tout en préservant la planète. Cette étude recommande la substitution d’une partie de notre consommation de viande par des « nuts » (noix au sens large du terme).

Cette mutation est à l’oeuvre à New York. Les supermarchés rivalisent de créativité dans leurs offres de graines et de noix et l’offre de fruits et légumes bio (organic) est prolifique. Toujours au Chelsea Market, j’ai découvert le magasin Nutbox entièrement dédié à ces produits avec un choix pléthorique. Le New Yorkais mangeur de graines y trouvera son bonheur.

New York magasin Nutbox

Nouvelle mobilité : la trottinette électrique n’est pas encore arrivée dans New York la verte

On ne peut pas parler de ville verte sans parler de nouvelle mobilité. Je comptais bien parcourir New York sur une trottinette électrique Lime. Mais ô déception, cet objet symbole du progrès dans notre belle capitale gauloise reste à ce jour interdite à New York. Le sujet fait l’objet d’un lobbying intense et les New Yorkais devraient enfin accéder à cette révolution début 2020.

Pour le reste, les débats autour de la mobilité m’ont furieusement fait penser à nos palabres parisiennes. Les City bike ont été largement adoptés comme nos Vélibs. Par ailleurs, la mairie voulait interdire aux voitures la 14ème rue. Commerçants et résidents furieux ont attaqué la décision en justice et ont obtenu gain de cause. Comme à Paris, la municipalité organise des journées sans voiture. Nous avons pu profiter avec plaisir de la 5ème avenue piétonnisée dans le cadre de l’opération summer street.

New York verte summer street
New York summer street

Et les bâtiments durables dans tout ça?

Enfin, tout cela est bien beau. Mais planter des arbres, récolter quelques fruits et légumes sur les toits, manger des noix et rouler en City bike suffisent-ils à rendre la Big Apple plus écologique. Dans le même temps, les New Yorkais passent leur temps dans des bâtiments surclimatisés où on crève de froid même en pleine canicule. New York la verte, ne serait-elle pas en fait la championne de la bonne conscience et du green washing? Avec 70% des émissions de gaz à effet de serre de la ville, le bâtiment est effectivement le cœur du sujet pour rendre véritablement New York plus verte. Là aussi, la ville bouge. Cela méritait bien une 2ème partie à cet article. Elle sera dédiée au Green building à New York.

 

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