Ecosia et si votre moteur de recherche permettait de planter des arbres !

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Dans la 1ère partie de l’article consacré aux moteurs de recherche alternatifs, nous vous racontions l’histoire de Qwant le moteur européen qui veut préserver vie privée et souveraineté numérique. Nous vous  donnons notre avis cette semaine sur un autre moteur : le moteur de recherche écolo Ecosia qui plante des arbres, fondé par l’Allemand Christian Kroll. Son positionnement n’a rien à voir avec celui de Qwant. Ecosia est ce que l’on appelle un méta-moteur. Il utilise essentiellement les résultats de l’index de recherche de Bing de Microsoft améliorés par des algorithmes particuliers. Mais son positionnement écologique est étonnant et passionnant à l’heure où l’empreinte carbone du numérique devient une véritable problématique. Ecosia a été particulièrement à la une cet été avec les feux de forêt en Amazonie.

Ecosia le moteur de recherche qui affecte 80% de ses bénéfices à la reforestation

homepage Ecosia
Home page Ecosia 2010

Ecosia c’est un moteur de recherche avec une idée simple. Quand vous faites des recherches sur son site, le moteur de recherche allemand plante des arbres, plus précisément un arbre toutes les 45 recherches. Son fondateur l’Allemand Christian Kroll l’a créé en 2009 suite à un voyage au Brésil où il a constaté les ravages de la déforestation.

Comme les autres moteurs de recherche, Ecosia tire ses recettes de la publicité et en particulier des liens sponsorisés qui figurent en haut des requêtes. Ecosia étant un méta-moteur de Bing, c’est ce dernier qui collecte ces recettes publicitaires et en retrocède une partie à Ecosia. L’entreprise décrit de manière très claire son business model dans le lien ci-joint.

Plus de 50 millions d’arbres plantés depuis sa création

Ensuite Ecosia est une entreprise à vocation sociale. Elle reverse 80% de ses bénéfices d’exploitation (soit 47% de son chiffre d’affaires) à des projets de reforestation dans le monde. Quelques chiffres simples : chaque recherche rapporte en moyenne à Ecosia un demi centime d’€ (0.005€). Planter un arbre coûte 0.22€, d’où le chiffre de 45 requêtes pour financer la plantation d’un arbre.

En juin 2017, 8 ans après sa création, Ecosia annonce avoir contribué passer la barre de la plantation de 10 millions d’arbres. Pour cela, l’entreprise soutient une vingtaine de programmes et projets sociaux de plantation d’arbres dans 16 pays : Brésil, Burkina Faso, Colombie, Espagne, Éthiopie , Ghana, Haïti, Indonésie , Kenya, Madagascar, Maroc, Nicaragua, Ouganda, Pérou, Sénégal et enfin Tanzanie.

Depuis tout s’accélère. L’utilisation du moteur se développe fortement. En février 2019, la barre des 50 millions d’arbres est franchie avec un arbre planté toutes les 0.8 secondes. Le compteur est aujourd’hui à 66 millions. L’entreprise vise une croissance exponentielle avec un objectif de 1 milliard d’arbres plantés fin 2020. Chiffre apparemment Irréaliste? Du moins avant l’été 2019…qui allait tout changer

Ecosia et les incendies en Amazonie

Au mois d’août, l’Amazonie brûle et fait la une de l’actualité. Souvenez vous, c’est la déforestation au Brésil qui avait poussé Christian Knoll à fonder le moteur de recherche. L’entreprise y plante des arbres dans la Forêt Atlantique (Mata Atlantica) depuis 2012.

C’est donc logiquement qu’Ecosia fait le 21 août sur Twitter une série de posts sur les incendies en Amazonie. L’entreprise y attaque violemment la politique des autorités brésiliennes et de Bolsonaro. Cette prise de position fait alors le buzz sur les réseaux sociaux dans le monde entier.

Les téléchargements de l’appli Ecosia augmentent alors brusquement de 1000% la dernière semaine d’août. L‘application passe en deux semaines de 12 à 15 millions d’utilisateurs à travers le monde. Symbole fort : elle devient à cette période l’appli la plus téléchargée sur l’Appstore au Brésil. Idem en France, les derniers jours d’août. Dans la foulée Ecosia lance son opération  2+1 million trees for Brazil. L’entreprise s’y engage à passer sa contribution à la reforestation du Brésil de 1 à 3 millions d’arbres au cours des 12 prochains mois.

Les moteurs de recherche sont de gros consommateurs d’énergie

Mais bon, planter des arbres c’est bien, mais potentiellement  insuffisant. Un moteur de recherche, ce sont des milliards de pages indexées et stockées. C’est une immense puissance de calcul pour faire tourner les algorithmes de tri. Pour cela, les moteurs de recherche utilisent de gigantesques data centers. Selon une étude de 2009 (je n’ai pas trouvé plus récent), 2 requêtes Google représentent la même consommation d’énergie qu’une bouilloire d’eau.

L’empreinte carbone du numérique (nous y avions consacré un article) représente aujourd’hui 4% des émissions de gaz à effet de serre et est en forte croissance. N’étions-nous pas avec Ecosia en présence d’un exemple de greenwashing, d’un planteur-pollueur? Et quelle comparaison avec Google dans ce domaine?

data center

Empreinte carbone : la comparaison Ecosia vs. Google

Google a très tôt pris conscience du problème de sa consommation d’énergie et a massivement investi dans les énergies renouvelables. L’entreprise américaine contribue ainsi localement à la construction d’éoliennes et de centrales solaires destinées à l’alimentation de ses data centers. Google revendique ainsi que depuis 2017 l’activité de ses data centers est neutre en termes de carbone 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. L’entreprise américaine est ainsi devenue le plus gros acheteur privé d’énergies renouvelables au monde, un travail de fond salué par les ONG notamment Greenpeace.

A contrario, Ecosia s’appuie sur Microsoft Bing beaucoup moins vertueux en la matière. Microsoft indique que ses data centers utiliseront 60% d’énergies renouvelables d’ici fin 2019 et vise 70% en 2023. Dans sa concurrence avec Google, Ecosia risquait donc d’être battue sur son terrain de prédilection, l’écologie. Ecosia a donc décidé en 2017 de se lancer dans la construction de ses propres centrales solaires.

L’entreprise indique qu’elle a ainsi rendu neutre en carbone les recherches avec son moteur. Elle produit même deux fois plus d’énergie renouvelable que son moteur n’en consomme. Si on ajoute la plantation d’arbres, Ecosia revendique donc aujourd’hui d’être une entreprise « carbon negative ». Google l’aura aussi sur le sujet de l’écologie poussé dans ses retranchements.

Au final, mon avis sur Ecosia convaincant, et vous allez-vous changer?

Je ressors plutôt convaincu par cette plongée dans le monde d’Ecosia. Je l’ai donc installé sur mon ordinateur et le moteur fonctionne bien mais reste moins bon que Google. Il est aussi plus respectueux de mes datas que Google mais fait moins bien que Qwant dans ce domaine. J’ai au passage découvert un 3ème larron : le moteur français éthique Lilo. Alors convaincus? Allez-vous changer pour Ecosia? Avez-vous testé Ecosia? Faites-nous part de vos expériences.

Enfin si vous voulez verdir votre votre vie et de découvrir d’autres business verts , lisez notre article consacré aux baskets écolos.

Forêt tropicale El Yunque

 

 

 

2 commentaires
  1. Marc dit

    Ban500,
    Très intéressant !
    Utilisateur de Qwant par défaut, tu me fais découvrir Ecosia et Lilo.
    Je partage.

    1. Ban500 dit

      Le choix est cornélien. Qwant un projet de souveraineté numérique et respect de la vie privée. Ecosia méta-moteur de Bing Microsoft mais véritable engagement environnemental militant

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